>

L’horreur de l’esclavage moderne portée à l’écran

21 juillet 2017

L’acteur et promoteur de 50 for Freedom, Joaquin Furriel, était l’invité d’honneur de l’Organisation internationale du Travail lors d’une projection à Genève d’un film plusieurs fois récompensé: «Le Patron: anatomie d’un crime»

©lisakristine.com

Mettant en lumière le coût humain tragique de l’esclavage moderne, El Patron raconte l’histoire vraie d’un illettré, Hermógenes, venu des campagnes argentines, qui se trouve pris au piège du travail forcé après être parti travailler dans une boucherie de la capitale Buenos Aires.

Joaquín Furriel, qui joue le rôle titre d’Hermógenes, et le réalisateur, Sebastián Schindel, ont remporté les prix de «meilleur acteur» et «meilleur film» lors du prestigieux festival Condor à Buenos Aires l’an dernier.

Dans un entretien accordé à l’équipe de 50FF lors de sa visite à Genève, Furriel a expliqué pourquoi ce rôle comptait tant pour lui.
«L’histoire m’a vraiment touché. C’est une histoire que nous avons le devoir de raconter et de connaître pour pouvoir parler du problème».

Dans une précédente interview pour la campagne, Schindel avait aussi confié ce qui l’avait motivé à faire ce film.

«En écrivant le scénario, je pensais à ce type d’esclavage, qui n’a ni chaîne ni cadenas. Hermógenes a même les clés de la boucherie. Pourquoi ne s’échappe-t-il pas? Pourquoi ne se libère-t-il pas? Nous avons besoin de comprendre que l’esclavage moderne fonctionne avec d’autres types de chaînes. Elles sont invisibles, les cadenas sont psychologiques».

En 2015, MM. Furriel et Schindel avaient participé au lancement de la campagne 50 for Freedom en Argentine. Depuis lors, l’Argentine a ratifié le Protocole sur le travail forcé qui vise à éradiquer l’esclavage moderne sous toutes ses formes.

L’un des principaux objectifs de la campagne est de convaincre au moins 50 gouvernements de ratifier le Protocole d’ici à 2018.

«Pour moi, c’est important de soutenir la campagne 50 for Freedom parce que c’est la plus importante campagne que nous ayons pour sensibiliser à l’esclavage moderne et, surtout, qui nous permette de convaincre nos gouvernements», a précisé Furriel.

Après la projection du film, organisée en collaboration avec l’Office des Nations Unies à Genève, Furriel a répondu aux questions des spectateurs. Anne-Marie von Arx-Vernon, directrice adjointe de «Au cœur des grottes», une organisation de soutien aux victimes du travail forcé basée à Genève, et Aurélie Hauchère Vuong, spécialiste du travail forcé à l’OIT, ont également participé à ce débat.

L'acteur, Joaquín Furriel avec le directeur de l'OIT, Guy Ryder

Dans le cadre de sa visite, Furriel a aussi rencontré le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, et a donné des interviews à plusieurs médias.

Il a aussi participé à une interview vidéo sur Facebook (en espagnol) au cours de laquelle il a répondu aux questions des internautes.

En plus des prix Condor, «Le Patron» a remporté des récompenses dans plusieurs pays, dont le Chili, le Mexique, l’Uruguay et la Corée du Sud. La même histoire est incarnée par Joaquín Furriel dans une courte vidéo pour la campagne 50 for Freedom.