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Construire un avenir sans travail forcé

1 février 2021

Des entreprises de toutes tailles et de tous les secteurs, des organisations d’employeurs, des associations professionnelles et des réseaux d’entreprises unissent leurs forces pour mettre fin au travail forcé.

©lisakristine.com

On estime à 25 millions le nombre de femmes, d’hommes et d’enfants qui sont victimes du travail forcé, dont 20,8 millions travaillent au sein de l’économie privée, dans de nombreux secteurs différents. Aucun pays n’est épargné, et les répercussions socio-économiques de la pandémie de COVID-19 ont conduit à une recrudescence du travail forcé, du travail des enfants et de la discrimination. La tâche qui nous attend est considérable, et aucune entreprise ne saurait résoudre le problème à elle seule. C’est pourquoi de nouvelles formes de collaboration sont nécessaires pour s’attaquer aux causes profondes du travail forcé.

Source: https://flbusiness.network/factsheet/

«C’est une question qui n’appelle aucune controverse. Chaque secteur de la société souhaite éliminer le travail forcé. Il n’y a pas de zone grise dans ce domaine», a expliqué Laura Chapman Rubbo, directrice exécutive de Global Public Policy pour la Walt Disney Company. «La question consiste à savoir comment nous y arriverons exactement et comment nous réaliserons des progrès», a-t-elle ajouté lorsqu’elle s’est exprimée en sa qualité de présidente du comité directeur du Réseau mondial d’entreprises de l’OIT sur le travail forcé (ci-après «GBNFL», pour Global Business Network on Forced Labour), à l’occasion de sa seconde réunion annuelle qui s’est tenue le 19 novembre 2020.

Le GBNFL de l’OIT a été créé pour tenter d’apporter une réponse collective à la question du «comment» et pour soutenir les efforts des entreprises et des réseaux d’affaires qui prennent des mesures énergiques contre le travail forcé. Lancé en juin 2018, il compte aujourd’hui 17 membres et partenaires actifs et, grâce à leurs réseaux respectifs, il peut toucher directement pas moins de 8 500 organisations, réseaux d’entreprises et entreprises de toutes tailles.

En rassemblant des entreprises de toutes tailles, de tous les secteurs et de tous les pays du monde, le GBNFL de l’OIT contribue à mettre en relation des entreprises et à supprimer les cloisonnements, en vue d’éliminer effectivement le travail forcé. Si l’engagement des grandes entreprises est essentiel, aucun progrès significatif vers l’éradication du travail forcé ne pourra être accompli sans la participation des petites et moyennes entreprises (PME). Les PME, ainsi que les microentreprises, représentent environ 70 pour cent des emplois dans le monde. Pourtant, bien souvent, elles ne prennent pas part au débat. Le GBNFL de l’OIT s’efforce de faire évoluer les choses. En 2019, il a pris contact avec plus de 300 représentants de PME en Malaisie pour les sensibiliser au travail forcé et au recrutement équitable, et renforcer leurs capacités dans ce domaine.

En outre, le GBNFL de l’OIT s’efforce de fournir des données et des informations aisément accessibles et orientées vers l’action, afin d’aider les entreprises à comprendre ce qu’est le travail forcé et à établir des priorités d’action. Il a aussi collaboré avec des partenaires pour établir une carte interactive des organisations de lutte contre la traite des êtres humains destinée aux entreprises.

Pour progresser vers la cible 8.7 des ODD et toucher les 25 millions de personnes en situation de travail forcé, il est indispensable de trouver des solutions à plus grande échelle. C’est pourquoi la structure du GBNFL de l’OIT, en tant que réseau de réseaux, opère dans le but d’accroitre portée.

Enfin, le GBNFL de l’OIT aide les entreprises à s’engager auprès d’autres acteurs concernés, en particulier les gouvernements et les organisations de travailleurs, pour trouver des solutions durables aux causes profondes et aux facteurs structurels du travail forcé: pauvreté, informalité, mauvaise application de la loi. Le GBNFL de l’OIT a ainsi élaboré des notes d’orientation pour le Viet Nam sur le travail forcé et le recrutement équitable, et il encourage le dialogue politique dans les pays pilotes de l’Alliance 8.7.

Comme l’a dit Le Directeur général du BIT, Guy Ryder, à l’occasion de la récente réunion annuelle du GBNFL de l’OIT, «notre motivation est une motivation commune, et cela vaut pour les gouvernements, les entreprises et les travailleurs; nous devons aller de l’avant ensemble. Cela signifie par définition que nous avons un objectif commun dans ce que nous cherchons à réaliser.»

C’est pour cette raison que l’éradication du travail forcé ne pourra se faire sans l’engagement des entreprises et des réseaux d’affaires, ainsi que des gouvernements et des organisations de travailleurs.

Rejoignez le Réseau mondial d’entreprises de l’OIT sur le travail forcé. Mettez fin au travail forcé. Contactez: fl-businessnetwork@ilo.org et visitez le site: flbusiness.network