L’Ambassadeur de bonne volonté de l’OIT Wagner Moura a passé des années à militer pour l’éradication de l’esclavage moderne. Toutefois, ce n’est que le 4 mai, lorsqu’il s’est rendu dans les bureaux de l’OIT à Brasilia, qu’il a pu rencontrer pour la première fois, en tête à tête, d’anciennes victimes.

La réunion a eu lieu en amont du lancement de la campagne 50 for Freedom au sénat brésilien le 9 mai.

«Mon engagement dans la lutte contre le travail forcé est lié à mon enfance», a-t-il expliqué. «Je viens d’une ville de l’Etat de Bahia où j’ai été témoin de nombreux cas de personnes travaillant comme esclaves et j’ai passé une grande partie de ma vie à croire que c’était normal».

«Quand j’ai compris que les travailleurs avaient des droits humains qui devaient être respectés, c’est devenu une question essentielle pour moi en raison de mes origines et cela m’a conduit à militer pour les droits de l’homme».

«Depuis mon enfance, je n’avais jamais rencontré des travailleurs ayant subi le travail forcé. Alors aujourd’hui c’était une rencontre marquante. Leurs témoignages étaient très beaux, très forts et surtout très dignes. Ils ont tous renforcé l’idée qu’ils ne voulaient pas être considérés comme des victimes; ils ont exprimé leur fierté de participer à une campagne qui pourrait épargner à d’autres travailleurs l’expérience d’une situation comparable à celle qu’ils ont eux-mêmes connue».

L’un des témoignages que nous avons entendus, c’était celui de Rafael Ferreira, dont le récit figure sur le site web de la campagne 50 for Freedom. Il y raconte comment il a été contraint de travailler dans une ferme dans la province brésilienne du Mato Grosso pour aider à rembourser les dettes de son père.

«Les personnes asservies sont dans une situation fragile et sont donc obligées de travailler, encore et encore», a déclaré M. Ferreira qui étudie aujourd’hui le génie civil à l’université.

La campagne 50 for Freedom a été lancée en 2015 en collaboration avec la Confédération syndicale internationale et de l’Organisation internationale des employeurs. Son objectif est de sensibiliser les citoyens et les responsables politiques aux 21 millions de personnes qui, dans le monde, sont prises au piège du travail forcé et de convaincre au moins 50 gouvernements de ratifier le Protocole sur le travail forcé d’ici la fin 2018.

Le lancement de 50 FF au Brésil aura lieu au Congrès national et rassemblera des représentants du gouvernement, des employeurs et des travailleurs, ainsi que d’anciennes victimes du travail forcé qui raconteront leur propre histoire.

Wagner Moura est Ambassadeur de bonne volonté de l’OIT sur le travail forcé depuis 2015. Il a participé à plusieurs événements de lancement de 50 for Freedom et a apporté sa contribution sous forme de récits, des blogs et de vidéos telles que cette histoire vraie:

Après la réunion dans les locaux de l’OIT, M. Moura a réaffirmé son engagement en faveur de la campagne.

«Ce fut une excellente journée pour moi aujourd’hui. Je suis très fier de voir mon nom et mon image associés à l’OIT et à la campagne 50 for Freedom».