Avec la ratification islandaise du Protocole sur le travail forcé, ce sont quinze pays à travers le monde qui sont désormais engagés envers ce traité international depuis son adoption à la Conférence internationale du Travail en 2014.

L’OIT estime que 21 millions de personnes sont victimes du travail forcé dans le monde, générant près de 150 milliards de dollars de profits illégaux par an. Le travail forcé peut revêtir différentes formes, de l’exploitation sexuelle forcée à la servitude pour dettes, voire la traite de personnes et l’esclavage.

Le Protocole demande aux Etats d’adopter des mesures efficaces pour prévenir le travail forcé et pour garantir aux victimes une protection et l’accès à des recours efficaces, y compris la réparation.

Thorsteinn Víglundsson, ministre islandais des Affaires sociales et de l’Egalité et Guy Ryder, Directeur générale de l'OIT

Thorsteinn Víglundsson, ministre islandais des Affaires sociales et de l’Egalité et Guy Ryder, Directeur générale de l’OIT

«L’importance du Protocole tient au fait qu’il s’attaque à des formes nouvelles de travail forcé, plus sophistiquées», a déclaré Thorsteinn Víglundsson, ministre islandais des Affaires sociales et de l’Egalité.

«Les victimes du travail forcé et de la traite des êtres humains sont souvent des travailleurs migrants. Nombre d’entre eux sont des femmes et des jeunes filles, essentiellement dans le travail domestique et l’exploitation sexuelle à des fins commerciales. Au cours des dernières années, l’Islande a connu un afflux croissant de travailleurs migrants qui avaient besoin de protection. Le Protocole est un instrument utile aux gouvernements et aux partenaires sociaux pour formuler leurs politiques dans ce domaine», a-t-il ajouté.

L’Islande est engagée de longue date dans la lutte contre le travail forcé. Elle a élaboré un cadre législatif solide pour combattre la traite des personnes, avec l’adoption dès 2003 de modifications du Code pénal et le lancement d’une campagne contre la traite des femmes.

En avril 2013, le gouvernement a adopté son second plan d’action de lutte contre la traite des êtres humains pour la période 2013-2016, qui couvre quatre domaines principaux: prévention et formation; assistance et protection des victimes; enquête et poursuites des affaires; coordination et évaluation.