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Lisa Kristine dévoile le visage de l‘esclavage moderne

7 août 2015

Ce site web présente des images prises par Lisa Kristine, une photographe de renom, qui a consacré une bonne partie de sa carrière à faire la chronique du quotidien de l’esclavage moderne. «J’espère que ces images vont faire réagir ceux qui les verront», dit-elle. «J’espère que cette réaction fera tache d’huile et permettra de faire toute la lumière sur l’esclavage».

Photo: Photographe Lisa Kristine

©lisakristine.com

Avant que Lisa Kristine ne devienne célèbre comme l’une des rares photographes capables d’offrir un regard sur la vie des victimes d’esclavage moderne, elle était déjà réputée pour ses photos des peuples indigènes.

Elle a passé des années à parcourir le monde, vivant en immersion pendant des mois dans des communautés indigènes, du Bhoutan au Kenya. Et pourtant, rien dans son expérience antérieure ne l’avait préparée à sa première rencontre avec l’esclavage moderne.

Cela s’est passé au Népal, dans une briqueterie qu’elle a visité avec l’ONG Free the Slaves, partenaire de la Campagne 50 for Freedom. Là, elle fut directement confrontée aux conditions de vie inhumaines des familles «asservies», une forme de servitude pour dette qui prend au piège ses victimes, génération après génération.

«Confrontés à des températures extrêmes, hommes, femmes et enfants, recouverts d’une épaisse poussière, empilaient mécaniquement les briques sur leurs têtes pour les transporter des fours brûlants vers les camions situés à des centaines de mètres plus loin», écrit Lisa Kristine.

«Ils n’avaient aucune pause pour boire ou manger, ni pour aller aux toilettes. Abrutis par la monotonie et l’épuisement, ils travaillaient en silence jusqu’à 16 heures par jour».

Lisa Kristine s’est également rendue dans les carrières de pierre du Népal où elle a vu des enfants porter des plaques de granite aussi larges qu’eux et descendre sur des sentiers de montagne dangereux. Les plaques étaient si lourdes que les enfants avaient des cordes sanglées sur leur tête pour les aider à supporter le poids.

Ensuite, Lisa Kristine est partie pour le Ghana. Là-bas, elle est descendue dans l’obscurité suffocante des mines d’or illégales pour y rencontrer les hommes et les enfants qui étaient obligés d’y risquer leur vie. Elle a aussi croisé d’autres enfants qui avaient été arrachés à leur foyer pour travailler sur les bateaux de pêche du lac Volta.

Le projet a finalement ramené Lisa Kristine vers son pays natal, les Etats-Unis, où elle a constaté que l’esclavage moderne état dissimulé aux yeux de tous. Dans les rues des villes américaines, elle a rencontré des dizaines de femmes qui avaient été contraintes à la prostitution et vivaient dans des conditions qu’elle n’aurait jamais pensé trouver si près de chez elle.

«L’une des femmes que j’ai rencontrées avait été enlevée dans un centre commercial pour classes moyennes», se rappelle Mme Kristine. «Les trafiquants établissent la confiance pendant quelques semaines puis ils se jettent sur leurs victimes et les entrainent dans la prostitution».

Confrontée à tant de misère, Lisa Kristina confie qu’elle était parfois submergée par un sentiment d’impuissance et de désespoir. Mais c’est l’espoir qui transparait dans ses images et continue d’inspirer son œuvre chaque jour.

«J’espère que ces images vont faire réagir les gens qui les verront. J’espère que cette réaction fera tache d’huile et permettra de faire toute la lumière sur l’esclavage», a-t-elle conclu.

En janvier 2012, Lisa Kristine a évoqué ses expériences lors d’une conférence TEDx à Maui. Son discours a été présenté sur la page d’accueil de ted.com et a déjà été vu plus de 2,1 millions de fois.

Vous pourrez en savoir pus sur son œuvre en consultant son site web, lisakristine.com.