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Le visage de l’esclavage moderne, un blog de Wagner Moura

28 novembre 2016

Wagner Moura, ambassadeur de bonne volonté de l’OIT et star de «Narcos», explique pourquoi nous devrions tous nous engager à aider à mettre fin à l’esclavage moderne.

Photo de Victor Afaro

 

©lisakristine.com

« S’agissant de l’esclavage moderne, nous devons lutter pour changer les mentalités, les politiques, les législations, les réglementations et, surtout, pour changer les cœurs. Beaucoup de gens ignorent même que l’esclavage existe toujours et pourtant, en ce moment, 21 millions de personnes dans le monde sont victimes de ces terribles pratiques qui génèrent plus de 150 milliards de dollars de profits illégaux chaque année.

Victimes d’abus, exploitées, prises au piège, elles travaillent dans les champs, sur des bateaux de pêche, dans les mines, comme travailleurs domestiques, peut être chez vos voisins. Nous parlons aussi de traite des êtres humains, un autre fléau de notre société.

Ce qui entretient cette funeste économie souterraine, c’est une chose avant tout: la pauvreté. Personne ne se retrouve prisonnier de l’esclavage moderne de son plein gré. Aucun homme, aucune femme, aucun enfant ne choisit de travailler sous les insultes, d’être frappé, menacé ou abusé. La pauvreté et le désespoir y conduisent.

Une chose que j’ai apprise est que la toute première étape pour combattre ces pratiques, c’est de les appeler par leur nom: esclavage. Je suis certain que l’arme la plus importante dont nous disposons tous, c’est l’information. Nous devons l’utiliser pour combattre ceux qui soutiennent ces pratiques monstrueuses. Personne ne clame haut et fort son soutien à l’esclavage… ils murmurent dans l’ombre.

Il existe un nouveau traité international qui impose aux pays de protéger les victimes et de les aider à accéder à la justice – le Protocole sur le travail forcé. La campagne 50 for Freedom de l’Organisation internationale du Travail a pour but de convaincre au moins 50 pays de ratifier ce Protocole d’ici la fin 2018.

Il est de notre devoir, non seulement de participer à la campagne, mais aussi de contacter les gouvernements, les dirigeants d’ONG, les leaders d’opinion, les législateurs, les dirigeants d’entreprise, les chefs d’Etat, nos écoles, nos voisins. Je vous encourage vivement à le faire. Faites connaître la réalité de l’esclavage moderne, montrez à chacun les multiples formes de cette gigantesque cicatrice sur le monde civilisé. Je suis déterminé à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour y parvenir. Merci de nous rejoindre pour soutenir la campagne 50 for Freedom, à quelque titre que ce soit, et mettons fin à ces pratiques honteuses une fois pour toutes. »

Wagner Moura