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Malte intensifie sa lutte contre le travail forcé

18 février 2019

Trentième pays à ratifier le Protocole de l’OIT sur le travail forcé au niveau mondial, Malte s’engage ainsi à prendre des mesures efficaces pour prévenir le travail forcé sous toutes ses formes, notamment la traite des êtres humains, la protection des victimes et la garantie d’un accès à la justice et à la réparation.

Photo: James Stringer

©lisakristine.com

Le gouvernement maltais a ratifié le traité juridiquement contraignant qui exige des pays signataires l’adoption de nouvelles mesures pour combattre le travail forcé et l’esclavage moderne en s’attachant tout particulièrement à la protection, la prévention et la réparation.

«Alors que l’Organisation internationale du Travail (OIT) fête son centenaire, nous prenons conscience que le travail et les valeurs que défend l’Organisation sont plus importants et pertinents que jamais dans le monde actuel”, a déclaré l’Ambassadeur Olaph Terribile, Représentant permanent de Malte auprès des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève.

«Malte continuera d’œuvrer afin de promouvoir l’amélioration des conditions de travail, tant au niveau national que dans le cadre des plates-formes multilatérales appropriées, en ayant la conviction que le travail décent est incontestablement lié à la prospérité et la durabilité», a-t-il ajouté.

Le gouvernement de Malte a pris d’importantes mesures pour renforcer le cadre juridique et institutionnel de la lutte contre la traite des êtres humains, notamment en érigeant toutes les formes de traite  et de travail forcé en infractions pénales, assorties de peines de quatre à douze ans d’emprisonnement.

Malte a par ailleurs renforcé son action en faveur de la protection des victimes de la traite des personnes en promulguant la «Loi sur les victimes de crime» en avril 2015 qui prévoit des dispositions relatives à l’accès aux services d’assistance et de réparation. Une Commission de suivi de la lutte anti-traite avait été mise sur pied en 2011 pour préparer et suivre la mise en œuvre des politiques anti-traite. Un mécanisme national d’aide aux victimes a également été instauré à Malte en 2013: il s’occupe en priorité d’identifier les victimes ou les potentielles victimes du trafic d’êtres humains.

Le Directeur général de l’OIT, M. Guy Ryder, s’est réjoui de cette avancée: «Avec la ratification du Protocole, Malte confirme une fois encore son engagement en faveur de la promotion et de l’application des principes et droits fondamentaux au travail».

Cette ratification vient renforcer la promotion de l’Agenda de l’OIT pour le travail décent et la réalisation des Objectifs de développement durable pour 2030, en particulier la cible 8.7 relative à l’éradication du travail forcé, de l’esclavage moderne, de la traite des êtres humains et du travail des enfants; elle représente une contribution appréciable dans le cadre du centenaire de l’OIT.

L’OIT estime qu’environ 24,9 millions de personnes sont victimes du travail forcé à travers le monde: 16 millions de personnes exploitées dans le secteur privé, notamment dans le travail domestique, la construction ou l’agriculture, 4,8 millions victimes d’exploitation sexuelle et 4 millions astreintes à des travaux forcés imposés par les autorités publiques. L’OIT estime également que cette exploitation génère environ 150 milliards de dollars de profits illicites chaque année.

En novembre 2017, lors de la Conférence mondiale sur le travail des enfants et le travail forcé en Argentine, l’Union européenne s’est engagée à «promouvoir activement une ratification rapide du Protocole sur le travail forcé parmi les membres de l’UE». Malte est le 14e Etat membre de l’UE à ratifier le Protocole de l’OIT sur le travail forcé.