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La Thaïlande est le premier pays asiatique à ratifier le Protocole sur le travail forcé

7 juin 2018

Vingt-quatrième pays à ratifier le Protocole, la Thaïlande par la voix de son gouvernement a affirmé «sa forte volonté politique de s’associer à la communauté internationale en vue d’éradiquer le travail forcé».

©lisakristine.com

Le 4 juin 2018, la Thaïlande a ratifié le Protocole de l’OIT sur le travail forcé, devenant ainsi le 24e pays dans le monde et le premier en Asie à ratifier cet instrument.

Le Protocole, adopté à une majorité écrasante pendant la Conférence internationale du Travail de 2014, renforce le cadre juridique international pour combattre toutes les formes de travail forcé, y compris les traite des êtres humains, et exhorte les Etats l’ayant ratifié à prendre des mesures pour prévenir le travail forcé, protéger les victimes et leur garantir l’accès aux mécanismes de recours et d’indemnisation.

Selon les estimations mondiales, on dénombre 24,9 millions de victimes du travail forcé à travers le monde, dont 4,8 sont victimes d’exploitation sexuelle. Dans le secteur privé, le travail forcé génère 150 milliards de dollars de profits illégaux tous les ans. Plusieurs secteurs économiques sont affectés, dont le travail domestique, la construction, l’industrie manufacturière, l’agriculture et la pêche.

«La décision de mon gouvernement de ratifier le Protocole sur le travail forcé illustre sa forte volonté politique d’unir ses efforts à ceux de la communauté internationale pour éradiquer le travail forcé», a déclaré M. Adul Sangsingkeo, ministre du Travail. «La ratification du Protocole démontre aussi l’engagement du gouvernement à améliorer son cadre législatif pour le mettre en conformité avec les normes internationales du travail. Le projet de loi Prévention et élimination du travail forcé – une loi organique qui incorpore les mesures définies par le Protocole – sera déterminant pour s’assurer que notre démarche de coopération obtient des résultats concrets dans l’élimination du travail forcé et garantit en outre des possibilités de travail décent pour tous les travailleurs dans notre pays».

M. Adul Sangsingkeo, ministre du Travail avec Guy Ryder.

En effet, la Thaïlande a continué de renforcer sa législation et ses institutions pour combattre le travail forcé, y compris la traite des êtres humains. En particulier, la loi anti-traite a été amendée et prévoit des peines aggravées pour les infractions liées à la traite. La législation a aussi introduit différents mécanismes de plainte pour les victimes. Le gouvernement a pris des mesures pour renforcer les organes chargés de faire appliquer la législation, notamment leur capacité à identifier les victimes de la traite, et a signé des protocoles d’entente avec plusieurs pays d’origine de la région pour lutter contre la traite des êtres humains.

«Je suis heureux de recevoir cet instrument de ratification qui porte témoignage de l’engagement de la Thaïlande dans la lutte contre le travail forcé», a reconnu Guy Ryder, Directeur général de l’Organisation internationale du Travail . «Cette ratification est d’autant plus importante que les estimations mondiales de l’OIT montrent qu’il est urgent d’adopter des mesures immédiates et efficaces pour éradiquer le travail forcé et la traite des êtres humains. L’engagement de la Thaïlande est un pas de plus vers l’objectif de 50 ratifications du Protocole d’ici à la fin de 2018 que promeut la campagne 50 for Freedom».

Depuis 2016, l’OIT travaille en étroite collaboration avec le gouvernement, les organisations d’employeurs et de travailleurs de Thaïlande, ainsi qu’avec les acheteurs, en vue de prévenir et réduire les formes inacceptables de travail dans le secteur de la pêche et des produits de la mer, dans le cadre du projet Ship to Shore Rights.