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De l’espoir et un futur plus prometteur pour un ancien travailleur en situation de servitude pour dettes au Népal

13 janvier 2020

Des centaines d’anciens travailleurs en situation de servitude pour dettes vivant dans l’ouest du Népal bénéficient actuellement d’une formation professionnelle dispensée dans le cadre d’un programme innovant mis en place par l’OIT. Birendra Chaudhary, qui, aujourd’hui, gagne bien sa vie en tant que plombier qualifié, est l’un de ces anciens travailleurs libérés.

Photo: © OIT

©lisakristine.com

Birendra Chaudhary, 28 ans, originaire de l’ouest du Népal, est né dans une communauté qui, depuis des siècles, est piégée dans une situation de servitude pour dettes.

Dans les systèmes de travail forcé Kamaya et Haliya, les propriétaires concédaient aux familles des crédits qui leur permettaient tout juste de survivre, les forçant ainsi à travailler pour rembourser les emprunts qu’elles avaient contractés. Si ces deux systèmes ont été abolis dans les années 2000, de nombreux anciens travailleurs en situation de servitude pour dettes et leurs descendants n’en demeurent pas moins très vulnérables et continuent souvent d’être privés de terres arables et de possibilités de travail décent.
Après avoir quitté l’école à 19 ans, Birendra est allé travailler dans une usine agroalimentaire mais, quand l’usine a fermé, il a commencé à envisager d’aller travailler en Inde. Or, sa vie a pris un tout autre tournant lorsqu’un ami lui a parlé du projet Bridge de l’OIT, qui dispense une formation professionnelle à d’anciens travailleurs en situation de servitude pour dettes et à leur famille.

«L’histoire de Birandra montre que, grâce aux mesures de prévention, à l’appui aux moyens de subsistance et aux services juridiques, on a pu redonner espoir à d’anciennes victimes de la servitude pour dettes» explique Narayan Prasad Bhattarai, coordinateur national des projets pour le projet Bridge.

«L’objectif du projet Bridge de l’OIT  au Népal est d’éliminer les systèmes de travail forcé traditionnels imposés par l’Etat et de réduire de manière significative les formes contemporaines de travail forcé, qui sont souvent associées à la traite des êtres humains», explique Narayan Prasad Bhattarai, coordinateur national des projets pour le projet Bridge. «L’histoire de Birandra montre que, grâce aux mesures de prévention, à l’appui aux moyens de subsistance et aux services juridiques, on a pu redonner espoir à d’anciennes victimes de la servitude pour dettes.»

Le Projet Bridge de l’OIT bénéficie de l’appui du ministère du Travail des États-Unis, qui soutient le processus gouvernemental de réhabilitation destiné à améliorer les moyens de subsistance des victimes du système Haliya. Il intervient par le biais de quatre ONG opérant au Népal: la Fédération Rastriya Haliya Mukta Samaj Nepal (RHMSF-N), le Programme d’enseignement pour les enfants défavorisés (UCEP-Nepal), Rastriya Haliya Mukta Samaj Kanchapur (RHMS-Kanchanpur), et le Centre des ressources humaines de Bajura. Ces ONG participent au choix des familles bénéficiaires, leur dispensent une formation aux compétences et à l’employabilité, et les aident à trouver un emploi.

© OIT

Birendra est l’un des 600 jeunes issus des communautés Haliya et Kamaiya à avoir bénéficié d’une formation intensive dans l’un des trois secteurs professionnels recommandés, à savoir la construction, l’agroforesterie et d’autres activités connexes.

Cela lui a permis d’obtenir un certificat du Conseil de l’enseignement technique et de la formation professionnelle (COTVET), et il est devenu un plombier prospère. Birendra, qui exerce son nouvel emploi depuis six mois, gagne en moyenne 28 000 roupies népalaises (260 dollars E.-U.) par mois – soit beaucoup plus que ce qu’il pourrait gagner dans bien d’autres emplois informels. «Il m’arrive parfois de gagner 1 500 roupies (13 dollars E.-U.) de l’heure», explique Birendra.

«Mon certificat atteste de mon niveau de professionnalisme et me permet d’obtenir de nouveaux contrats. Il me donne aussi plus de latitude pour négocier les prix», ajoute-t-il. «Je demande à mes clients s’ils ont besoin d’une simple réparation rapide ou d’un conseil professionnel complet. En général, je suis plus convaincant lorsque j’explique que l’OIT, une Organisation du système des Nations Unies, a soutenu ma formation.»

Après seulement trois mois d’exercice, Birendra a gagné suffisamment d’argent pour acheter une mobylette d’occasion. «Je ne peux pas me permettre d’être en retard au travail. Les clients sont parfois très exigeants et pensent que je vais me précipiter chez eux dès qu’ils m’appellent. Si je n’arrive pas à temps chez le client, je perds des contrats, c’est pourquoi j’ai acheté une mobylette», explique-t-il.

Bhim Kaini, facilitateur du programme UCEP, explique que Birendra est un exemple pour de nombreux Népalais, car il a prouvé qu’il est possible de rester au Népal et d’y gagner décemment sa vie, sans être contraint de quitter le pays pour aller travailler à l’étranger, comme l’ont fait tant d’autres jeunes.