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Le Danemark prend des mesures contre le travail forcé

7 juillet 2017

En devenant le onzième pays européen à ratifier le Protocole sur le travail forcé, le Danemark renforce son engagement dans la lutte contre l’esclavage moderne sous toutes ses formes.

 

Photo: Smo42, Møns Kint

©lisakristine.com

Le Danemark a ratifié le Protocole sur le travail forcé au cours d’une cérémonie organisée à l’occasion de la Conférence internationale du Travail.

«Le travail forcé n’a pas sa place dans un monde civilisé», a déclaré Troels Lund Poulsen, ministre danois de l’Emploi. «C’est une violation grave des droits fondamentaux et de la dignité humaine. C’est aussi le cas lorsque le travail forcé prend des formes plus modernes d’esclavage. Nous voyons aujourd’hui des personnes trompées par des agents de recrutement cyniques, qui font face aux menaces, à la contrainte, pour finir endettées, employées dans des conditions de travail épouvantables, souvent loin de chez elles et de leurs proches. Beaucoup d’entre elles sont des femmes et des enfants. Il est essentiel que nous nous mobilisions tous pour apporter un soutien fort à l’important travail qu’accomplit l’OIT dans ce domaine; nous apporterons ainsi de l’espoir aux victimes du travail forcé qui, à travers le monde, sont encore trop nombreuses».

Signing ceremonyMr Troels Lund POULSEN, Ministre de l’Emploi, Danemark et Guy Ryder, Directeur-Général de l’OIT

S’exprimant au cours de la cérémonie de ratification, le Directeur général de l’OIT Guy Ryder a fait remarquer: «Cette ratification est un nouveau témoignage de l’engagement constant du Danemark en faveur de la promotion et de l’application des droits fondamentaux au travail».

L’OIT estime que 21 millions de personnes sont victimes du travail forcé dans le monde, générant quelque 150 milliards de dollars de profits illégaux par an. Les victimes sont exploitées dans divers secteurs de l’économie formelle comme de l’économie informelle: l’agriculture, la pêche, le travail domestique, la construction, l’industrie manufacturière et les mines. Le travail forcé prend différentes formes, y compris l’exploitation sexuelle, la servitude pour dette et même la traite des êtres humains et l’esclavage.

Dix-sept pays ont désormais ratifié le Protocole depuis qu’il a été adopté à l’unanimité par la Conférence internationale du Travail 2014.

Le Protocole impose aux Etats parties de prendre de nouvelles mesures pour prévenir le travail forcé sous toutes ses formes, ainsi que pour garantir aux victimes la protection et l’accès à des recours efficaces et à la réparation.

Le Danemark possède une longue expérience de la lutte contre le travail forcé. Il fut l’un des premiers pays à ratifier la convention (n° 29) sur le travail forcé, 1930 en 1932 et la convention (n° 105) sur l’abolition du travail forcé, 1957 en 1958. Il a aussi instauré un cadre juridique et institutionnel solide pour combattre la traite des personnes, en particulier avec la création d’un Groupe de travail interministériel sur la traite des personnes en 2002 et avec l’adoption d’un quatrième Plan d’action national contre la traite des êtres humains (2015-2018) qui englobe l’identification et la protection des victimes, ainsi que la poursuite des trafiquants.